Je vous présente ici quelques réflexions sur la gestion de l’eau dans mon potager et verger.

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Trop ou pas assez… N’avoir jamais à arroser ni le potager ni le verger et n’avoir jamais la terre asphyxiée car gorgée d’eau c’est le rêve de beaucoup d’entre nous. Malheureusement rares sont les endroits sur terre où les conditions idéales sont réunies. Donc j’aimerais empêcher l’eau de s’évacuer, la stocker, la ralentir au maximum quand elle manque et l’évacuer le plus rapidement possible quand elle est en trop. L’idéal serait, une fois le système mis en place, de ne rien avoir à faire, attendre que la pluie tombe ou s’évacue naturellement et c’est tout.

Pas assez : C’est d’ailleurs ce que je fais pour quasi toutes les cultures si l’année n’est pas trop sèche, à part les semis et les salades je n’arrose rien. Mais j’ai des goûts de luxe, j’aime par exemple ces fichues salades en plein été, malheureusement elles ne supportent pas plus que quelques jours sans arrosage. Et puis je n’ai pas toujours envie d’attendre que la pluie veuille bien tomber pour démarrer un semis de navets ou de carottes, je n’ai pas non plus envie de laisser les canicules tuer arbres et légumes parce qu’ils n’étaient pas arrosés.

Trop : L’inverse peut être tout aussi embêtant, il m’est arrivé de perdre quasi toute mes patates, car elles avaient pourri dans la terre à cause d’un excès d’eau, le mildiou fait des ravages les années pluvieuses, il est souvent impossible de rentrer dans le potager et d’y travailler si la terre est complètement trempée, parfois pendant des mois.

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Évacuez ! Ici un des problèmes principal au potager et au verger c’est l’excès d’eau. Quand j’ai fait le premier trou de plantation pour mes fruitiers, l’eau l’a rempli jusqu’à la gueule… si j’avais planté des arbres là-dedans, ils seraient morts avant le printemps. On a donc cassé le petit cochon rose et demandé à une grosse machine jaune à chenil de bien vouloir faire des fossés de partout pour planter les arbres à proximité. Depuis le creusement des fossés la terre est beaucoup moins humide et les arbres se portent bien. J’ai aussi ceinturé les potagers de fossés, la partie du potager qui est en butte est orientée dans la pente de façon à ce que l’eau puisse s’écouler doucement. D’ailleurs ici traditionnellement il y a des fossés de partout et tout se cultivait sur billons, les légumes mais aussi les grandes cultures comme le blé !!

systeme eau

Plan de notre lieu

...mais pas trop. Le drainage peut être néfaste, en été il accentue la sécheresse, si l’eau s’en va directement dans les ruisseaux ils font perdre de l’eau aux nappes phréatiques et ils participent aussi à la perte de terre et de ce qu’elle contient. J’ai solutionné en partie ces soucis en prévoyant des esclafidors (vannes) pour garder l’eau dans certaines parties et en dirigeant tous ces fossés vers la mare qui du coup se remplit à chaque pluie et vu qu’elle n’est pas bâchée permet à l’eau de s’infiltrer doucement. Ce qui nous amène à la suite…

Le stockage : 2 ou 3 mois sans pluie ça arrive, alors le petit tonneau sous la gouttière ne suffit pas à être un minimum résilient de ce côté-là quand on a un grand potager. J’ai donc d’abord pensé à construire une citerne maçonnée enterrée pour stocker l’eau nécessaire à l’arrosage, mais en dehors du coût financier, je préférais une réserve qui soit placée au niveau du sol ou au-dessus, pour pouvoir le cas échéant arroser par gravité, je souhaitais aussi que l’eau puisse se réchauffer pour ne pas arroser à l’eau glacée ce qui aurait pour conséquence de stresser les plantes et de refroidir la terre. Le meilleur compromis que j’ai trouvé c’est une cuve souple de 20 000 litres, couplée à une pompe alimentée en électricité par un panneau solaire.

Finalement c'est facile de creuser une mare a la pelle.

Finalement c’est facile de creuser une mare.

La mare : j’ai creusé à la pépélle, -oui madame !- une petite mare qui se remplit donc avec l’eau de pluie venant des toitures et de toutes les surfaces y compris de potagers grâce aux fossés et aux creux des buttes. Je n’ai rien mis au fond (plastoc) et je remarque que peu à peu elle se remplit de plus en plus haut et se vide de moins en moins vite ! Au bout de quelques jours de plein soleil elle peut finir quand même par s’assécher entièrement. Mais je m’en fous, en plus du stockage d’eau, et d’ajouter un eco-système aquatique, elle a quand même d’autres fonctions. Elle permet notamment de garder ma précieuse terre et tout ce qu’elle contient qui se dépose à chaque pluie au fond de la mare. Une fois la mare curée cette terre retourne sur le haut du potager… avec les algues.

Récupération des pluviales

La cuve souple : L’eau de pluie est bien l’eau préférée des plantes, la plus naturelle pour elles, alors pour moi, la récupérer pour l’utiliser au potager va de soit. Sur la gouttière d’un des toits de la maison qui fait 100 mètres carré (le toit pas la maison) j’ai branché un récupérateur qui dirige l’eau des pluies vers une cuve souple de 20 000 litres, ce qui permet de tenir pas mal de temps.

Le sol : c’est aussi un endroit où l’eau est stockée, créer plus d’humus permet de stocker encore plus d’eau, pailler copieusement permet d’éviter une partie des pertes par évaporation. Plus la terre sera horizontale plus elle gardera l’eau et inversement, néanmoins une légère pente permet à l’eau de ne pas stagner dans les terres lourdes. Il peut être donc être intéressant de niveler le terrain pour économiser de l’eau.

Le puits : Je n’en ai pas encore, mais je compte bien m’en creuser un (à la main), le puits du voisin à l’eau à même pas deux mètres de profondeur. Pour remonter l’eau j’utiliserai une vieille pompe à bras ou une man-lèva, (un puits à bascule). Le puits me permettra d’avoir une autre source d’eau plus ou moins régulière si jamais il y avait un souci avec la cuve ou qu’il ne pleut pas pendant un long moment.

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Arroser en rond, en rectangle, précisément.

Arroser : Comme dit plus haut, mon but à terme est de ne plus arroser, mais d’ici là je continue à petit dose. J’utilise le bon vieil arrosoir pour les semis délicats, le jet d’eau pour des arrosages ciblés, les tourniquets pour tout noyer en cas de sécheresse et les béalières pour les arbres…

Le jet et autres asperseurs : ça re-crée une pluie miniature, perso je préfère arroser beaucoup en une fois qu’un peu chaque jour. Quand il fait très chaud je laisse tourner les serviettes… heu non… les tourniquets de nuit une heure ou plus tous les 3 jours. J’essaie autant que faire ce peu de ne pas semer de légumes délicats (radis) en plein été.

Béal d’irrigation ou baissières : Une autre solution pour irriguer à moindre effort c’est de faire des petits canaux qui conduisent l’eau d’un cours d’eau ou de l’eau de ruissellement vers un prés, des arbres ou le potager, simplement par gravité. Pour distribuer l’eau dans les différents canaux il suffit d’en boucher certains par une vanne (motte d’herbe, pierre, planche).

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80 litres d’un coup !

La poche à eau : Tout ça c’est bien joli mais le verger est trop loin de la maison pour pouvoir l’arroser au tuyau, porter des arrosoirs c’est crevant et les béalières ne fonctionnent que quand il pleut (pas de ruisseau à disposition) j’ai trouvé la solution en feuilletant un catalogue de bricolage… la poche à eau ! C’est une sorte d’oreiller en plastique qui peut contenir 80 litres d’eau, il se place dans la brouette et une fois rempli se transporte facilement.

Conclusion : L’eau est indispensable à la vie des plantes mais aussi à l’homme, sinon le pastis serait vraiment dégueulasse.

« Cet article participe à l’événement inter-blogs « Un potager autonome » organisé par le blog de Madorre, mon potager biologique. Pour découvrir ce qu’ont écrit les autres blogueurs, cliquez sur ce lien : Voir la liste des articles des autres participants« . 
Posted on: 3 mai 2015
Categories: Arbre Potager
4 Responses to La gestion de l’eau au potager et au verger
  1. Salut Renaud,

    Merci encore pour ce super article plein de bons conseils et pour ta participation à cet événement inter-blogs !

    A bientôt,
    Julia.

  2. Je vous remercie de ces informations sur des meilleurs systèmes de gestion de l’eau, comme la cuve souple, que je ne connaissais pas auparavant. Que vous soyez fermier ou particulier, la gestion efficace de l’eau vous aidera toujours à économiser de l’argent; il faut seulement choisir quel système vous convient le mieux. Par exemple, il y a des régions où les puits sont les plus logiques et d’autres régions où on ne peut pas creuser les puits, mais une sorte de cuve serait possible.

  3. ou trouver tes cuves souples ?
    petite et grande ?

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